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Par Ici Les Sorties musique du 19 octobre 2018

Sorties musique du 19 octobre 2018

Pour les sorties musique du 19 octobre 2018, ne manquez pas : l’humour acidulé de Liz Van Deuq, le rocksteady euphorisant de Jr Thomas & The Volcanos, les bombes disco/funk de Reel People et le melting-pot musical de Blinky Bill.

Liz Van Deuq – Vanités [Neômme]

Après son premier album Anna-Liz, Vanessa Dequiedt alias Liz Van Deuq sort Vanités ce 19 octobre 2018 sur le label lyonnais Neômme (Amélie-les-crayons, Oakman). Beaucoup de travail pour un résultat des plus probants notamment sur les textes drôles et inventifs.

Dans Le Wi-fi Et Dieu, l’artiste ose une comparaison saugrenue mais ô combien pertinente entre les deux sur une ambiance Morriconienne. Ils sont tous deux impalpables, on leur voue une adoration excessive. Elle en profite pour déplorer notre dépendance malsaine aux nouvelles technologies.

Avec une froideur descriptive dissimulant une amertume de quelqu’un qui ne croît plus en l’amour, elle refuse, dans Le Coeur Est Un Muscle, d’apparenter le cœur aux sentiments. Le solo de guitare électrique vient casser les battements « permanent, régulier » bruts du cœur.

Le béguin est un témoignage de l’humour de la chanteuse qui joue avec les mots pour faire vivre le bégaiement/béguin dans l’histoire. A l’instar d’un des amants, la relation du couple bégaie. La cassure des mots renvoie à la cassure dans le couple de la chanson. Ce texte fait penser au Comment te dire adieu chanté par Françoise Hardy sur une adaptation de Serge Gainsbourg : Notre histoire n’est pas fous; Notre histoire c’est pas fou; C’est pas fou; tu, faut pas; Faut pas qu’tu l’avoues; car moi je l’avoue, je la vou-; drai bien deux fois; Je suis la debout, devant toi debout; je veus dire deux bou; -quet dans mes bras, pour toi; Dis-moi que c’est doux, sinon que c’est dou-; loureux pour moi.

Sous couvert d’une fausse berceuse, Disque Dort écorche l’industrie musicale, le streaming et les droits d’auteur : Thune, thune, thune, ou sur Itunes, tune tune; La fosse commune de toutes mes compos; Mort, mort, mort; Mange-disque est mort, mort, mort; Mange-disque est mortel; Comme mes droits bientôt.

Liz Van Deuq ne se cache pas toujours derrière son humour, elle sait également être tendre (Les Banlieues Pavillonnaires) et distiller des embruns : fines particules poétiques aériennes de bord de mer (Du Léger).

Elle a une voix caméléon parfois neutre, faussement journalistique (Le Wi-fi Et Dieu), volontairement froide (Le Coeur Est Un Muscle),  parfois solennel (pour traiter de la mort qui soulage dans Tranquille), parfois espiègle (Disque Dort).

Vanités | Bandcamp | Site Officiel | Facebook | Twitter

Jr Thomas & The Volcanos – Rockstone [Colemine Records]

Thom McDowall aka Jr Thomas doit être mille fois remercié. Car il fait revivre aujourd’hui la musique jamaïcaine d’avant l’avènement du reggae : le rocksteady et le early reggae. Il peut être fier d’être fidèle à l’esprit des fers de lance de cette musique : Derrick Harriot (Mr. Harriot), Phyllis Dillon, Ken Boothe…

Il a décidé de graver dans le marbre (d’où le titre et la photo de la pochette) son amour pour cette époque, pour les artistes qui ont fait le succès du genre grâce à ce deuxième LP intitulé Rockstone sur Colemine Records.

La reconstitution est quasi-parfaite : les choeurs à la manière des Paragons (Chin Up) , le chant identique à celui de Hopeton Lewis ou Alton Ellis, le clavier (Til You’re Gone), le format court et bien sûr ce rythme propre prémisse du contre-temps spécifique au reggae. Tout y est jusque dans les thèmes chers au Rocksteady : le côté sombre de l’amour, ses désillusions, l’absence de l’autre (Til’ Your Gone). Certains titres bénéficient d’un soutien de cordes (What A Shame) très remarqué sur la ballade/berceuse Rockstone ou de cuivres sur Second Time Around et Phony One.

Il est recommandé d’écouter régulièrement du rocksteady pour les bienfaits sur l’organisme : ce genre est reconnu pour enlever les maux de tête, c’est un revigorant efficace (Chin Up, Brian Wilson). En revanche il est à proscrire pour les peines de cœur.

Si vous aimez le rocksteady ou si vous voulez en écoutez plus, jetez une oreille (ou deux) à ma playlist Get Ready For Rocksteady.

Colemine | Facebook | Twitter

Reel People – Retroflection [Reel People Music]

Reel People mené par Oli Lazarus nous propose une rétroflection (rétro + réflexion) sur les trésors Funk/Disco des années 80.  Leur dada étant de mettre au goût du jour, d’exhumer des bombes dancefloor de Maze, Evelyn Champagne King, Bill Withers…par des touches subtiles (travail sur la basse, ajout de percussions) tout en parvenant à trouver le bonne équilibre entre respect du titre original et rajeunissement attractif.

Pour ce rafraîchissement sonore ils ont demandé à des artistes Néo Soul confirmés tels que Angie Stone, Omar ou des fidèles du groupe, Sharlene Hector ou Tony Momrelle, de prêter leurs voix au projet. Ce dernier interprète, d’une manière très Stevie Wonderien, Buttercup (clip ci-dessous) de Carl Anderson écrit et produit par S.Wonder justement.

Pour citer IAM : « Ray Ban sur la tête, survêtement Tacchini, pour les plus classes des mocassins Nébuloni », il est temps de ressortir vos plus beaux apparats et guincher sur les classiques disco/funk revisités par Reel People.

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Blinky Bill – Everyone’s Just Winging It And Other Fly Tales [Lusafrica/The Garden]

Bill Ochieng Sellanga dit Blinky Bill (livres de Dorothy Wall ayant pour personnage principal un koala courageux et proche de la nature adapté en dessin animé par la suite) est né à Nakuru (Kenya). Il grandit entre les ambiances clubbing des « Matatus » (bus kenyans), les chants religieux de sa mère et les sons vintage congolais de son père.

C’est à l’université qu’il va faire la rencontre des amis avec qui il va créer le collectif Just A Band. Ensemble ils vont réaliser trois albums (Scratch To Reveal, 82, Sorry For The Delay) et participer au projet Red Hot + Fela Live (aux côtés entre autres d’Angelique Kidjo, Kronos Quartet, Tony Allen…).

Avec Everyone’s Just Winging It And Other Fly Tales, Blinky Bill tente l’aventure en solo avec néanmoins des invités internationaux (la rappeuse australienne Sampa The Great, la nigériane Nneka) ou locaux (Muthoni Drummer Queen, Sage) pour l’épauler. Cet LP  est au carrefour des goûts du kényan : la scène urbaine kényane (le label Ogopa Deejays), les musiques écoutées en famille mais également les classiques U.S comme Michael Jacskon, Stevie Wonder (encore lui!) et 2Pac.

L’album chavire entre les titres Dancefloor  (Atenshaun, Show Down) et les titres plus revendicatifs : Oh Wah fustige les politiques synonymes de déception, de corruption. Dans Mungu Halali l’artiste adopte une position de résistance à l’oppression. Il prône l’abnégation et l’estime de soi dans Don’t Worry.

Blinky Bill nous exprime sa philosophie de la vie : improviser (winging), se débrouiller comme on peut pour apprécier les bons côtés et faire face aux coups durs.

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About The Author

Dj Tofu

Bercé au Hip Hop, les samples et ma curiosité insatiable m'ont fait découvrir des multitudes de genres, pépites et univers. Véritable glouton, j'ingurgite tout ce que j'écoute pour partager mes coups de cœur et news.

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