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P.I.LS. : Par Ici Les Sorties – vendredi 16 juin 2017 – Flabbergastmusic

Bamako, Londres, Kingston, Chicago : Dj Tofu et Big Mama Chrys vous emmènent aux quatre coins du globe pour leur sélection des sorties musique du vendredi 16 juin 2017.

 

[ Blues rock mandingue ] Songhoy Blues – Resistance

Dans le monde de la musique, le Mali est le berceau de nombreuses étoiles internationales : Toumani Diabate, Amadou et Mariam, du nord du Mali les Touaregs Tinariwen, Ali Farka Touré, entre autres. Songhoy Blues fera partie sans doute de ces étoiles très rapidement, Damon Albarn ne s’y est pas trompé en les propulsant en Europe grâce au projet Africa Express, après être tombé sous le charme de morceaux inspirés à la fois par la culture Songhaï et le blues désertique, par le mélange de la musique traditionnelle malienne et des pulsations rock.

Alors que leur premier album Music in Exile (2014) abordait avec audace les questions d’extrémisme islamiste et d’autres problèmes auxquels sont confrontés quotidiennement les maliens, ce nouvel album intitulé Résistance qui sort ce vendredi 16 juin 2017, est une célébration à la beauté du Sahara et à la vie nocturne animée de Bamako. Le quatuor malien entre en effet en résistance contre une certaine idée de l’Afrique. Toujours gonflé d’énergie juvénile, de riffs électriques souples et moites, de blues mandingue, ce nouvel opus veut donner une image positive de l’Afrique, éloignée des images sombres associées aux guerres et aux famines trop souvent véhiculées. On ne peut que saluer ce message d’optimisme lorsque l’on sait que ces quatre garçons de Tombouctou et de Gao ont dû migrer vers Bamako pour continuer à exercer leur passion, la musique, suite à l’invasion des djihadistes dans le nord du Mali. Cet album représente la résistance du groupe face à l’oppresseur mais surtout celle du peuple malien qui résiste à travers eux. Dans le single Bamako, il y a un passage qui dit « qu’un seul arbre tombe et le bruit fait scandale, mais pour la forêt entière qui pousse on n’entend que dalle ». Les coups d’État et les attentats arrivent partout dans le monde et les gens doivent continuer à rire, à chanter, à danser, à célébrer, pour justement résister. Ce message fort de l’album sonne d’un écho tout particulier aujourd’hui également pour les Occidentaux.

La résistance c’est aussi se battre contre l’étiquette « musique du monde » à laquelle ils sont souvent immédiatement affublés : si la musique africaine ancestrale et les syncopes touaregs sont biens présentes, Songhoy Blues c’est aussi et surtout des guitares, des pulsations rock très modernes, parfois Jackwhitesques, parfois soul. Notons d’ailleurs les participations d’Iggy Pop (il prête sa voix au morceau Sahara), d’Elf Kid et de Steeling Sheep.

Avec cet album, Songhoy Blues élargit sa palette sonore et dépasse ses origines musicales, aux moyens de tempo, de grooves et de styles plus éclectiques et plus riches.

[Folk-rock] Trevor Sensor – Andy Warhol’s Dream

Trevor Sensor, c’est d’abord une voix, son signe distinctif. Faites l’expérience d’écouter une chanson de lui, sans le regarder, en fermant les yeux. Vous aurez l’impression d’entendre un homme d’un certain âge…et qui a des années de cigarettes derrière lui. C’est une voix étonnamment rocailleuse, éraillée, puissante mais également nasillarde, un peu à la Bob Dylan. Difficile à cerner, j’avoue avoir été quelque peu surprise, voire dérangée de prime abord puis je me suis laissée envoutée. Et surprise, elle émane d’un jeune homme de 23 ans, chanteur-compositeur-interprète, originaire de l’Illinois. Cela parait à peine croyable tant la tessiture de son timbre est celle d’un homme qui semble bien plus âgé, tant cette voix transpire le vécu et le poids des années d’expérience.

Parait ce vendredi 16 juin 2017 son premier album après un EP en mars 2016 Texas Girl and Jesus Christ où il évoquait les sujets de l’alcoolisme, des rêves déçus et du désespoir avec une sensibilité toute adolescente. Cet album, intitulé Andy Wharhol’s Dream (signé sur le label Jagjaguwar) est produit par Jonathan Rado (producteur de The Lemon Twigs) et Richard Swift (producteur de Damien Jurado, Foxygen). Son titre se réfère à la prophétie de Wharhol selon laquelle le monde s’écroulerait peu à peu pour adorer les deux fausses idoles que sont la renommée et la célébrité. Sensor, de façon habitée et directe, saisit les espoirs et les angoisses d’un grand nombre de jeunes américains. Et sa voix si particulière, un brin grossière, est le véhicule idéal pour livrer ce message. Évoquant le titre High Beams, il déclare « la chanson découle du désir d’être l’une de ces personnes à la télévision, un désir qui nous a été inculqué depuis l’enfance en Amérique et dans le monde occidental en général. Un désir qui concerne en particulier ceux qui sont nés dans l’Amérique moyenne, qui recherchent désespérément des choses supposément plus importantes au delà de l’horizon des champs de maïs et des prairies, ou des villes d’usine du nord de l’Angleterre ». Trevor Sensor dénonce cette société qui idolâtre rapidement pour rejeter tout aussi vite, de façon pénétrée, tel un conteur, avec un lyrisme sincère.

Accords de piano riches et profonds, comme dans le single Andy Warhol’s Dream, guitare, batterie, et sa voix envoutante, tels sont les ingrédients, simples mais efficaces, de son rock-folk plein d’assurance.

[Rap] Jehst – Billy Green Is Dead

Inspiré d’une chanson de Gil Scott-Heron, Billy Green Is Dead est le premier album du rappeur de Kent (Angleterre) en 6 ans. Il sort ce vendredi 16 juin 2017 sur le label YNR Productions (du nom de son premier crew lorsqu’il était ado : Young N Restless) qu’il a fondé en 1999 avec un autre artiste Hip-Hop de Leeds, Tommy Evans.

Jehst s’est imposé comme un pilier de la scène Hip Hop d’Outre-Manche au gré des collaborations avec d’autres MCs (on le retrouve cette année sur l’album du très prometteur Loyle Carner  – Yesterday’s Gone – et sur le dernier LP de Leaf Dog sur l’excellentissime label High Focus Records), au sein de la Task Force ou en tant que membre du supergroupe Champions Of Nature.

A la production on retrouve Beat Butcha (Curren$y, Jadakiss), Paul White ce qui suscite quelques interrogations même si ce dernier s’est montré très créatif notamment pour sa collaboration avec Open Mike Eagle. Sur le premier extrait 44th Floor, c’est Doctor Zygote qui signe un beat sans mélodie (à peine quelques notes de basse) et sans fioriture comme le flow de Jehst mettant ainsi en relief le récit du rappeur autour de Billy Green, personnage fictif dont on suit les aventures dans un monde caractérisé par l’indifférence et l’individualisme.

Billy Green est au 44ème étage paré pour le grand saut. Il côtoie la mort de près, ses tendances suicidaires sont prêts à prendre le dessus.

Yo, nothing makes sense
Everything’s a tangled mess up inside my head
Drug dependent, I’m living on the edge
Hudsucker building, standing on the ledge
Ready to plummet to my death

[Reggae] Pablos Moses – The Itinuation

Autre poids lourd de sa catégorie, Pablo Moses revient après 7 ans d’absence avec The Itinuation sorti ce vendredi 16 juin 2017 chez Grounded Music.

Dès son premier album, Revolutionary Dream, le rasta a connu le succès confirmé par ces deux albums suivants réalisés dans les studios de Island Records, le mythique label de Chris Blackwell. Ces trois albums lui ont ouvert la voie de la reconnaissance internationale jusqu’en 1995, date de sa pause discographique, longue de 15 ans.

Cet album marque sa collaboration étroite avec Harrison Stafford de Groundation. Une relation père/fils assumée par les deux artistes qui se connaissent depuis 2006 et l’apparition de Pablo Moses sur l’album Upon The Bridge de Groundation. Le jeune californien décide de réunir de très bons musiciens jamaïcains permettant à la fois de mettre la voix de la légende du reggae dans les meilleures dispositions mais également de brasser un panel large de reggae, du roots au Nyabinghi (ces rythmes calés à ceux des battements du cœur).

Dans un des premiers extraits de l’album, Living In Babylon, le jamaïcain dénonce les inégalités, la corruption et la violence engendrés par le système.

Living in babylon is brutal

One wrong move can be fatal

Living in babylon is brutal

Babylon spell is lethal

About The Author

Big Mama Chrys

Fan inconditionnelle de Stereolab, l'éclectisme et la curiosité me caractérisent. Envie de vous faire partager mes coups de cœur.

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